En bref : Le droit à la prise en copropriété garantit à chaque occupant disposant d’une place de stationnement privative la possibilité d’installer une borne de recharge pour véhicule électrique à ses frais, sans nécessiter l’accord préalable de l’assemblée générale. Ce dispositif, renforcé par la législation récente, encadre précisément les démarches légales à suivre, les délais à respecter et les motifs valables d’opposition du syndic. Il s’applique aussi bien aux copropriétaires qu’aux locataires, sous réserve d’une notification officielle. En parallèle, des aides financières telles que la prime ADVENIR ou le crédit d’impôt facilitent la mise en conformité des installations. Toutefois, il existe des limites et conditions, notamment pour les places non privatives ou lorsqu’une solution collective est déjà prévue. Une connaissance précise des droits et obligations ainsi que du règlement de copropriété demeure essentielle pour une installation maîtrisée et conforme.
Droit à la prise en copropriété : cadre légal et bénéficiaires en 2026
Le droit à la prise est une avancée réglementaire majeure pour faciliter la transition vers les mobilités électriques dans les immeubles collectifs. Il repose sur un cadre légal précis inscrit dans le Code de la construction et de l’habitation (articles L111-3-8 et R111-14-2). La loi impose que tout occupant – qu’il soit copropriétaire, locataire ou occupant de bonne foi – disposant d’une place de stationnement privative dans un immeuble collectif puisse demander, à ses frais, l’installation d’une borne de recharge pour véhicule électrique.
À la différence des maisons individuelles où le propriétaire est libre d’installer une borne sans contrainte collective, le droit à la prise en copropriété répond à un double enjeu : respecter la vie collective tout en garantissant une liberté d’accès à la recharge des véhicules électriques. Cette liberté est encadrée par une procédure stricte qui nécessite notamment une notification formelle au syndic. Ce dernier doit, dans la majorité des cas, inscrire la demande à l’ordre du jour de la prochaine assemblée générale par simple information, sans soumettre cette installation à un vote.
Les personnes concernées par ce droit sont tous les occupants disposant d’un droit d’usage exclusive sur une place privative, ce qui implique que le droit ne s’applique pas aux emplacements en libre accès ou partagés. Les occupants locataires doivent parallèlement informer leur bailleur, garantissant ainsi la transversalité des droits et obligations au sein de la copropriété. En ce sens, le règlement de copropriété joue un rôle fondamental en précisant les droits liés aux places de stationnement.
Le dispositif a été renforcé en 2020 par un décret qui clarifie les modalités pratiques : le syndic a précisément 3 mois pour s’opposer à la demande par une action judiciaire motivée, au-delà duquel l’installation est considérée comme autorisée. Cette rigidité protège le demandeur tout en laissant un cadre légal à la copropriété pour contester les projets légitimes.
Exemple concret : M. Dupont, copropriétaire dans un immeuble parisien, a souhaité installer une borne sur sa place privative. En respectant la procédure, il a adressé un dossier complet au syndic. Le syndic n’ayant pas contesté dans les 3 mois, les travaux ont pu débuter sans incident, tout en respectant les normes électriques et le règlement intérieur.

Procédures et démarches légales pour faire valoir le droit à la prise en copropriété
Le respect de la procédure est crucial pour garantir la validité de la démarche et éviter tout litige. Premiers points incontournables : vous devez disposer d’une place de stationnement privative dans un immeuble collectif soumis au régime de copropriété. Le projet d’installation doit impérativement être présenté à votre syndic avec un dossier technique complet.
Ce dossier comprend :
- Un descriptif technique détaillé de l’équipement et des travaux envisagés, incluant la puissance et la conformité avec les normes en vigueur (notamment NF C 15-100).
- Un schéma ou plan d’implantation précisant le raccordement électrique et le tracé des câbles.
- Le mode de raccordement : compteur individuel ou éventuellement raccordement au réseau commun avec comptage individuel.
Après réception, le syndic inscrit la demande à l’ordre du jour de la prochaine assemblée générale pour information seulement. Il ne peut refuser l’installation que si un motif sérieux et légitime est invoqué, ce qui devra être validé par une action judiciaire dans un délai de 3 mois.
Les motifs valables pouvant entraîner un refus sont limités, tels qu’une impossibilité technique avérée, l’existence d’une solution collective déjà effective, ou un projet collectif en cours de déploiement voté par la copropriété. Ces critères protègent collectivement l’immeuble tout en évitant les blocages abusifs.
À défaut d’opposition dans ce délai, les travaux peuvent être entrepris en respectant les normes électriques réglementaires. Il est primordial de faire appel à un installateur qualifié IRVE pour garantir la conformité de l’installation.
Lorsqu’il s’agit d’un locataire, la demande doit aussi être adressée au propriétaire. Le bailleur informe alors le syndic, qui suivra la même procédure d’inscription et d’éventuelle opposition.
À noter : la bonne communication avec le syndic et les autres copropriétaires favorise souvent une résolution à l’amiable et évite un recours judiciaire long et coûteux.
Limitations et contestations possibles du droit à la prise en copropriété
Si le droit à la prise est largement protecteur, il comporte néanmoins des limites importantes. Le syndic peut s’opposer à une installation, mais uniquement en invoquant un motif sérieux et légitime et en saisissant le tribunal judiciaire dans un délai de 3 mois à compter de la notification. Ce cadre légal rigoureux évite des oppositions arbitraires et protège le droit des occupants à accéder à la recharge.
Les oppositions les plus courantes se fondent sur :
- Une impossibilité technique : si le raccordement électrique est trop complexe, ou si la configuration du bâtiment le rend matériellement irréalisable sans coût excessif.
- Une solution collective existante : lorsque la copropriété a déjà installé une infrastructure partagée compatible et suffisante pour tous.
- Un projet collectif prévu : la copropriété engage dans un délai de 6 mois des travaux pour équiper collectivement les parkings, justifiant un refus individuel temporaire.
Si le syndic échoue à saisir le tribunal dans les délais ou ne respecte pas ses engagements, le demandeur est en droit d’exécuter les travaux à sa charge. Le juge peut également ordonner des réparations en cas de refus injustifié.
Un autre point clé concerne les places non privatives, où le droit à la prise ne s’applique pas. Ici, c’est un projet collectif voté en assemblée générale par la majorité des copropriétaires qui s’impose.
Enfin, la loi impose une convention entre le syndic et le prestataire chargée de définir les conditions d’accès, d’entretien et d’intervention, sécurisant ainsi la pérennité des installations.
Pour illustrer, une copropriété à Lyon a refusé une demande d’installation individuelle invoquant un projet collectif imminent. N’ayant pas eu de travaux dans les 6 mois, la copropriétaire a saisi le tribunal et obtenu l’autorisation par décision judiciaire pour installer sa borne.

Prise en compte des normes électriques et certification IRVE pour une installation conforme
Tout projet d’installation d’une borne de recharge dans une copropriété doit intégrer la conformité aux normes électriques en vigueur, notamment la norme NF C 15-100. Cette norme impose plusieurs exigences techniques :
- Circuit dédié : la borne doit être alimentée par un circuit électrique indépendant, relié à un disjoncteur adapté, garantissant sécurité et stabilité.
- Protection différentielle : un dispositif différentiel de 30 mA de type A est obligatoire pour assurer la protection des personnes contre les risques électriques.
- Section des câbles : cette section doit être dimensionnée en fonction de la puissance et longueur du circuit pour éviter toute surchauffe.
- Mise à la terre : une bonne mise à la terre du circuit est indispensable, garantissant la protection contre les défauts d’isolement.
Outre les normes, la certification IRVE (Infrastructures de Recharge pour Véhicules Électriques) est une étape primordiale. Elle garantit que le matériel et son installation respectent des critères de qualité, sécurité et performance. Les installateurs doivent être qualifiés IRVE, ce qui certifie leur capacité à réaliser une installation conforme et sécurisée.
Cette certification est aussi un prérequis pour l’obtention des aides financières comme la prime ADVENIR. Elle joue un rôle protecteur dans la responsabilité civile en cas d’incident et assure la durabilité des équipements.
Par exemple, dans un immeuble récent de Bordeaux, la pose d’une borne non certifiée a conduit à une défaillance sur le tableau électrique, engendrant un incident évitable si la norme NF C 15-100 et la certification IRVE avaient été respectées.
Aides financières et engagements réglementaires en copropriété pour l’installation d’une borne de recharge
L’installation d’une borne de recharge représente un investissement pouvant varier entre 1 200 et 3 500 euros. Heureusement, plusieurs dispositifs d’aides permettent de réduire ce coût et favoriser cette transition énergétique.
| Aide financière | Mécanisme | Montant/conditions | Public concerné |
|---|---|---|---|
| Prime ADVENIR | Prise en charge partielle des coûts d’installation | Jusqu’à 50 % du coût HT avec un plafond de 960 € par point de charge, sous condition d’installateur qualifié IRVE et puissance ≤ 22 kW | Particuliers, copropriétaires |
| Crédit d’impôt pour borne de recharge | Réduction fiscale | 75 % des dépenses, plafonnées à 300 €, sans conditions de ressources, valable pour résidences principales et secondaires | Propriétaires, locataires, occupants |
| TVA réduite à 5,5 % | Taux réduit sur la facture d’installation | Applicable aux prestations réalisées par un professionnel qualifié IRVE, logement achevé > 2 ans | Tous occupants |
| Aides régionales et locales | Subventions complémentaires | Montants variables selon régions et communes pour pré-équipement ou installation | Copropriétaires selon localisation |
Ce panel d’aides doit être exploité de manière cumulative lorsque cela est possible, afin de maximiser l’économie réalisée. Il est recommandé avant tout projet de se rapprocher du syndic, des organismes d’aides locaux et d’un professionnel qualifié pour bien monter son dossier.
Enfin, un propriétaire en copropriété doit aussi connaître ses obligations en matière de pré-équipement. Tout immeuble neuf ou en rénovation importante doit intégrer des infrastructures facilitant la recharge (conduits, câblages adaptés) selon les seuils imposés par la loi LOM et la loi Climat et Résilience. Cela permettra à terme de simplifier les futures installations individuelles ou collectives.
Dans le respect de ces engagements, la copropriété valorise son patrimoine tout en répondant aux enjeux énergétiques actuels.



